Commémorations, faire évoluer ces célébrations du devoir de mémoire

Quelques dates sont considérées comme incontournables, même s’il n’existe semble-t-il aucune obligation légale à les organiser. Ce qui est obligatoire, c’est de « pavoiser » certains bâtiments publics en y installant des drapeaux français. Les dates qu’on se doit de célébrer sont le 8 mai (victoire du 8 mai 1945) et le 11 novembre (armistice de la première guerre mondiale). A Boissy il y en a beaucoup plus, comme dans plein d’autres communes.

A titre personnel je ne me suis rarement senti parfaitement à ma place à l’occasion des commémorations. D’abord parce qu’elles se déroulent selon un protocole militaire. Se recueillir sur un lieu de souvenir en commençant par un « garde à vous ! » tonitruant me gène.

Ensuite, je suis très réservé sur les effets réels de ces cérémonies sur justement le devoir de mémoire et la sincérité de l’hommage rendu aux morts pour la France (et pourquoi pas les autres morts aussi, d’ailleurs ?). Des cérémonies lourdes, souvent tristes, où l’on voit toujours les mêmes personnes, avec des discours convenus et trop longs n’ont, je trouve, qu’un intérêt pédagogique très limité.

Ces cérémonies ont la même fonction que les symboles de notre pays, au même titre que l’hymne national et le drapeau français. Saluer et respecter les symboles est  nécessaire, mais ce ne sont pas les symboles qui font la Nation et le sentiment de partager un destin commun.

Alors, y aller ou pas ? Pendant ma campagne des municipales, j’avais évoqué l’idée de remplacer ces cérémonies par une cérémonie unique pour célébrer la paix « pour rendre hommage aux victimes de conflits, en France et ailleurs dans le monde, et pour célébrer la Paix ». Plusieurs de mes colistiers n’étaient pas d’accord, et cet engagement s’est transformé en la création d’une nouvelle commémoration. Notre place minoritaire dans l’opposition fait que cet engagement n’aura pas de suite dans le mandat actuel.

D’un point de vue pragmatique, je dirais que c’est l’occasion de se montrer, de serrer des mains, de féliciter les musiciens de l’harmonie municipale et de ne pas se faire trop remonter les bretelles par les « vrais patriotes » auto-désignés. Et on peut, si la cérémonie est faite de façon intelligente, apprendre des choses sur notre histoire, nationale et locale.