A l’AP-HP, la logique budgétaire contre les conditions de travail et de vie au travail

Jeudi 18 juin 2015, nouvelle manifestation des personnels de l’AP-HP devant le siège de la direction générale

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Le directeur de l’AP-HP, Martin Hirsh, veut imposer une réforme de l’organisation du travail en réduisant pour de nombreux agents de l’AP-HP le temps de travail quotidien, de 7h36 ou 7h50 à 7h30. Il existe de nombreux autres horaires dans les hôpitaux parisiens.

Cette modification, sous le prétexte de réduire les inégalités, d’améliorer les transmissions, et même d’améliorer les conditions de travail (??????), conduirait à retirer environ 5 jours de RTT par an aux agents concernés. D’autres mesures dont on parle moins font partie de ce projet de réforme, comme la demi-heure de pause méridienne qui sortirait du temps de travail effectif pour les personnels pouvant quitter leur service, la suppression d’autres congés spéciaux, la fête des mères, les jours « médaille », une partie des congés bonifiés.

L’objectif avoué est d’économiser 20 millions d’euros. Le chantage consiste à dire, ou vous acceptez cette réforme, ou on réduit les effectifs de 4000 personnes, vu les économies que nous impose la loi.

5 jours de RTT, vous me direz que ce n’est pas la mer à boire. Sauf que pour des personnels souvent épuisés, mal soutenus par leur hiérarchie ou leur direction, appartenant à des collectifs de travail explosés (polyvalence, chasse aux « temps morts », considérés comme tels par les directions, mais pourtant tellement indispensables pour échanger et pour récupérer), ces quelques jours font partie de « ce qu’il reste », de l’indispensable pour se remettre de la lourdeur des tâches, des relations conflictuelles, des frustrations d’un travail mal fait.

Sans oublier l’environnement de l’Ile de France, les énormes difficultés de déplacements, la cherté des moyens de garde des enfants, et tout ce qui incite les salariés à préférer une organisation de travail avec moins de jours de présence.

Alors, cette « goute d’eau » fait déborder le vase. Les dirigeants de l’AP-HP ne mesurent pas combien les personnels sont dégoutés de ne pas pouvoir faire leur travail dans de bonnes conditions, et désespérés de n’entendre de leur part que des demandes d’effort, d’adaptation, d’augmentation de l’activité, de remise en cause permanente de leurs pratiques, de recherche d’économies.