Primaire du PS, un premier tour qui change la donne

Benoit Hamon est en tête à l’issue du 1er tour de la primaire citoyenne du PS, en position favorable pour le second tour. Je n’ai pas voté à ce scrutin, je ne sais pas ce que je ferai au second tour, mais ce résultat m’intéresse.

D’abord, ça montre que le PS n’est pas d’un seul bloc derrière le gouvernement Hollande et qu’au contraire une majorité de ses adhérents se retrouvent plus dans les propositions des candidats Hamon et Montebourg. On le savait, bien sûr, avec les frondeurs à l’assemblée nationale, de nombreuses prises de positions critiques au sein du PS vis-à-vis de la politique suivie, mais on en a là une preuve supplémentaire solide et… majoritaire !

Dans mon parti, EELV, des voix s’élèvent pour appeler à une recomposition politique à gauche, pour certains dès le 1er tour de l’élection présidentielle, pour d’autres à l’occasion des législatives de juin, et certains autres prennent date pour créer dans un avenir proche mais après les élections un mouvement regroupant les PS de gauche, les mélenchonistes et EELV. Honnêtement, je ne crois pas que ce soit possible pour la présidentielle, je n’arrive pas à imaginer qui pourrait s’effacer pour laisser la place à qui.

De nombreux adhérents EELV ont voté pour Benoit Hamon, à cause de son programme très « écolo-compatible »,  de son positionnement clair au service des plus démunis et de sa critique du bilan du quinquennat. Leurs arguments me font réfléchir : la recomposition politique est en train de s’accélérer, il faut mettre en place les conditions pour faire renaitre une gauche sociale, écologiste et citoyenne forte et crédible. Irai-je voter pour Benoit Hamon au second tour dimanche prochain ?

J’ai beaucoup de mal avec les réactions ironiques, sarcastiques, insultantes parfois de ceux qui utilisent la participation relativement faible de cette primaire (mais quand même, 1,5 millions, c’est bien non ?) pour enterrer avec délectation, dans un même suaire, l’ensemble des candidats PS et alliés, leurs soutiens réciproques et leurs électeurs. Je ne me réjouis pas de l’effondrement possible du PS, craignant beaucoup ce qui pourra surgir de ce bouleversement. Mettre une claque à ce gouvernement, oui, y compris à son ancien premier ministre qui a beaucoup fait de mal pendant son mandat. Mais on n’a pas besoin, ou plutôt, on ne devrait pas avoir besoin de se rassurer sur la valeur de ses conviction ou les qualités de son champion en tentant d’écraser l’adversaire. Cette violence fait partie de ce qui détourne la population de la Politique, et elle me navre toujours autant.

Résultats à Boissy (source 94.citoyens.com):