Le Val-de-Marne avec Boissy pour sauver nos bureaux de poste

Il y avait de nombreux élus, dont deux élus EELV, deux parlementaires, des usagers de la poste, des représentants des syndicats de la poste et le président du conseil départemental.

C’était un rassemblement utile pour défendre les bureaux de poste du Val-de-Marne, dont 28 sont menacés de fermeture par le groupe La Poste, au nom de la sacro-sainte rentabilité. Alors que le groupe a fait de gros bénéfices ces dernières années, ces fermetures de services publics de proximité sont inacceptables et risquent de pénaliser sévèrement toutes celles et tous ceux qui ont besoin de la poste, pour le courrier, les opérations sur les CCP, etc.

La poste, souvent le dernier service public encore actif dans les villes et les quartiers, ne doit pas se désengager ! Sauvons la poste !

Ma contribution à la Consultation « Plan vélo » de la Région Ile-de-France

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La région Ile-de-France met en ligne une consultation sur le Plan vélo. Je viens d’y laisser ma contribution :

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Quels seraient les aménagements utiles pour favoriser l’intermodalité et/ou résorber les points noirs ?

– Installer des parcs à cycles nombreux, dans tous les endroits (loisirs, établissements publics, commerces, entreprises) recevant du public. Interdire l’accès de ces parcs aux deux-roues motorisés (hauts trottoirs ?), éventuellement en leur créant des parkings spécifiques, et en verbalisant les contrevenants.

– Réserver des espaces suffisants dans les transports en commun (bus et lignes ferrées) pour y mettre son vélo.

– Construire des pistes et bandes cyclables réalisées en concertation avec tous les acteurs publics, pour faire un maillage cohérent et fonctionnel et éviter des pistes « promenade » faisant des détours invraisemblables ou se terminant en cul-de-sac.dessin-vtt-tracteur

– S’inspirer pour ces aménagements des réalisations d’autres pays, au premier rang desquels les Pays-Bas.

Quelles sont les services aux cyclistes que vous attendez et comment imaginez-vous qu’ils puissent être développés ?

– Des parcs à cycles en nombre suffisant et entretenus.alorsquoidefun-fr-velo-parking-rue-paris

– Des pistes et bandes cyclables (au moins aussi bien) entretenues (que les routes), dédiées aux vélos ET libres de toute occupation parasite : emprise de chantier, stationnement de voiture ou camion de livraison, poubelles, etc.

– Soutien et encouragement aux ateliers associatifs de réparation et d’entretien des cycles.atelier-dessin-ef5b8

Comment peut-on valoriser et promouvoir la pratique du vélo ? Quelle gouvernance peut-on imaginer pour coordonner les actions ?

– Rendre prioritaires les cyclistes aux intersections.

– Entretenir les pistes et bandes cyclables (je me répète mais ça me semble essentiel).

– Donner leur place aux associations de cyclistes dans les commissions transport ou lors des projets d’aménagement urbain.

– Imposer dans les Plan de Déplacement d’Entreprise ou d’Administration un volet spécial vélo, avec par exemple une indemnité kilométrique au moins égale à la participation employeur aux frais de transports en commun.

– Inventer un système contraignant pour limiter les déplacements motorisés de courte distance (je n’ai malheureusement pas d’idée géniale qui ne soit pas liberticide).

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– Instituer un moratoire sur les aménagements routiers et autoroutiers nouveaux, et libérer ainsi des ressources pour favoriser les circulations douces.

– Participer financièrement à l’achat de vélos à assistance électrique.

Pour la gouvernance, tous les niveaux doivent être mobilisés. L’Assemblée Nationale pour légiférer, les Régions pour organiser, coordonner, financer, réaliser et promouvoir, d’autres acteurs encore pour entretenir (départements, territoires), encourager l’engagement citoyen (communes, entreprises, associations), assurer un contre-pouvoir (associations), sanctionner (police, justice).

PS : désolé de ne pas pouvoir citer tous les auteurs des images et photos que j’ai « piochées » sur Internet… S’ils se reconnaissent et me demandent de mettre leur nom ou de retirer les illustrations, je le ferai…

Appel à solidarité de Damien Carême, Maire EELV de Grande-Synthe

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Photo La Voix du Nord
Info transférée par EELV 94
Bonjour,
Le camp de réfugiés de la Linière à Grande-Synthe accueille encore à ce jour près de 700 réfugiés.
C’est, depuis le début, une formidable aventure humaine à laquelle des milliers de bénévoles et des dizaines d’associations participent.
Il y a quelques mois, j’ai été contacté par une toute jeune association, « Le Récho » (lerecho.com) composée de 10 jeunes femmes, dont quelques cheffes cuisinières et quelques artistes. Elles souhaitent intervenir sur le camp, avant de partir sur tous les camps d’Europe, pour créer du lien entre les réfugiés et les populations autour de la cuisine, art universel.
Elles ont pour cela, tout d’abord fait appel au crowdfunding pour financer l’achat d’un food-truck. L’opération a été un succès, puisqu’elles ont récolté 110% de la somme escomptée.
Elles ont aussi obtenu, entre autres, le soutien de Florent Layden, chef étoilé de notre région (Auberge du Vert-Mont à Boeschepe) et celui de Akrame Benallal, chef doublement étoilé, qui viendront tous les deux à la rencontre des participants aux ateliers cuisine durant le séjour sur la Linière du 17 août au 3 septembre.
Elles proposent une cuisine végétarienne, qui n’a donc pas de religion, et travaillent en partenariat avec les Incroyables Comestibles. Un jardin potager est d’ailleurs en cours de construction sur le terrain.
Pour mener à bien leur projet à Grande-Synthe, elles recherchent maintenant des bénévoles pour les aider à la préparation et à la confection des 500 repas par jour prévus.
Voici leur annonce :

« L’Équipe du RECHO recherche plusieurs bénévoles prêts à offrir de leur temps sur la période du 13 Août au 4 Septembre, quelques jours ou plus. L’association LE RECHO partira le 13 Août à bord de son food-truck pour sa première mission. A bord : 4 cheffes cuisinière et 6 artistes. Leur but : Créer du lien à travers la cuisine sur le camp de réfugiés de La Linière à Grande-Synthe.

Nous recherchons des personnes pour nous assister côté logistique à l’aise avec la conduite d’un utilitaire (mis à disposition) connaissant de préférence la région Dunkerque-Calais-Lille.

Rôles principaux des logisticiens :

– Préparation des caisses à l’aide de fiches techniques journalières type (caisse hygiène, matériels , food )

– Récupération de la marchandise à plusieurs endroits (marché, grande surface, particulier) avec le véhicule utilitaire de l’association.

– Installation avec les cheffes les ateliers de cuisine de l’après-midi (un à deux pôles de 20 personnes)

L’association prend en charge les repas de ses bénévoles, ainsi que la couverture d’assurance dès lors qu’un bulletin d’adhésion est signé entre les deux parties. Nous prenons également en charge le logement des personnes n’habitant pas la région.

Un planning vous sera adressé une fois vos disponibilités remplies et signées et nous vous contacterons pour confirmer avec vous votre arrivée et vous présenter à toute l’équipe !

N’hésitez pas à prendre contact avec nous contact@lerecho.com, nous avons hâte de vous rencontrer pour partager cette formidable aventure humaine avec vous. »

Je vous encourage donc toutes et tous, à vous joindre à cette extraordinaire équipe, très engagée, pour un ou quelques jours, avant les Journées d’Eté à Lorient ou lorsque vous vous reviendrez de Lorient, ou encore, si vous n’allez pas à Lorient !

Damien CAREME
Maire EELV de Grande-Synthe

Trottoirs et pistes cyclables, y a du boulot, malgré les beaux discours

OK, il faut bien que les travaux se fassent. D’accord, ce n’est pas un drame que des piétons marchent de temps en temps sur les pistes cyclables. Oui, c’est vrai qu’on peut faire un détour à vélo pour contourner une voiture mal garée. Bon je peux comprendre que les services de l’Etat aient des soucis de finances et de personnels et ne peuvent pas intervenir rapidement.

Mais franchement, quand c’est tous les jours que le réseau des trottoirs et des pistes cyclables est mal entretenu, pas respecté, souvent pas fonctionnel, ça finit par faire beaucoup !

Alors, quand passe t-on à l’action sur le terrain pour avoir un vrai réseau de circulation douce, une fois les  commissions, les groupes de travail, les Grenelle(s), les COP21 et les beaux discours terminés ? Quelquefois, je me dis que notre pays, pourtant une des plus grandes puissances du monde, est sous-développé dans ce domaine.

Les photos ci-dessous, c’est juste quelques-uns des obstacles que j’ai rencontrés entre la sortie de Créteil et l’entrée de Boissy-Saint-Léger, sur 4 km environ.

Les nouveaux Établissements Publics Territoriaux

De leur petit nom « EPT », ce sont les nouveaux territoires auxquels appartiendront toutes les communes d’Ile de France et qui vont remplacer nos intercommunalités au sein de la Métropole du Grand Paris.

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Ils seront mis en place au 1er janvier 2016. Le nôtre pour Boissy-Saint-Léger, qui regroupe Haut Val-de-Marne, Plaine Centrale et Plateau Briard, avec un doute sur Maisons-Alfort, Villeneuve-Saint-Georges et Valenton, sera le 11ème. Son nom sera sans doute Plaine Centrale.

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Je vous donne quelques documents qui décrivent ces futurs EPT, transmis par EELV :

Rappel général
Loi NOTRe
Calendrier de création
Représentation des communes
Gouvernance
Calendrier de transfert de compétences à la MGP
Calendrier de transfert de compétences aux EPT
Flux financiers

A noter : l’élection par les conseils municipaux des représentants des communes à la Métropole et au Conseil de Territoire doit se faire entre novembre 2015 et le 15 janvier 2016. Pour Boissy, un siège à la MGP (forcément un élu à la communauté d’agglo, bonjour le cumul des mandats !) et trois sièges supplémentaires au Conseil de Territoire (sur liste, parmi les conseillers municipaux).

Cette usine à gaz va voir le jour dans moins de quatre mois. Cette nouvelle strate administrative s’ajoutera à toutes les autres, sans représentation démocratique (les grands électeurs ne représentent souvent que les partis politiques, pas le peuple), avec un cout réel qu’on découvrira au fur et à mesure et un fossé qui va se creuser entre les décideurs et les citoyens.

Mon opinion : pas terrible, donc !

Crise des éleveurs, crise de régime… alimentaire

Les éleveurs, et avec eux de nombreux autres paysans, font un travail difficile, fatiguant, sans vraies vacances et avec beaucoup d’inquiétude pour leurs revenus souvent très faibles et pour leur avenir.

De ce point de vue, leur mouvement social est la légitime colère provoquée par la peur du lendemain et l’injustice des conditions que leur imposent la grande distribution, la concurrence internationale féroce, des banquiers sans scrupule. Je comprends leur colère et je compatis à leurs difficultés.

Mais…

L’agriculture intensive détruit la biodiversité, appauvrit les sols, pollue les cours d’eau et l’atmosphère, consomme une trop grande quantité d’énergie. L’élevage intensif nécessite des surfaces gigantesques, en France ou ailleurs, pour cultiver les végétaux nécessaires à l’alimentation des animaux de boucherie. Alors qu’une alimentation avec moins (pas) de viande serait plus respectueuse de l’environnement et de notre santé. Elle réduirait l’impact de la concurrence entre ces cultures intensives et les cultures vivrières, autant que possible relocalisées, saisonnières et en circuits courts. Et enfin, une alimentation plus tournée vers les végétaux provoquerait moins de souffrance pour les animaux.

Mais…

Ce mouvement, comme celui des bonnets rouges qui d’ailleurs repointent le bout de leur nez, est une contestation très politique, qui profite de la faiblesse du gouvernement Hollande pour tenter un passage en force et favoriser le retour de la droite au pouvoir. La FNSEA qui mène la danse ne parle pas des aides énormes que reçoivent de l’Europe les grands céréaliers, ceux-là même qui pourrissent nos sols et fournissent les produits qu’ils vendent très cher aux éleveurs, sans plus d’états d’âmes que les distributeurs.

Mais…

Ça me dérange que plus personne ne sache négocier et que les revendications s’expriment en dehors des organisations représentatives, dans la rue, dans la violence parfois.

Après les bonnets rouges qui ont eu la peau de l’écotaxe, les buralistes qui viennent d’obtenir celle du paquet de cigarettes neutre, les taxis qui préservent par la force leurs petites entreprises, on verra quoi demain ? Les marchands d’armes qui exigeront plus de conflits pour faire tourner leurs usines ?

En revanche, les paysans ont raison quant ils en appellent aux politiques : savoir ce que les Français mangeront demain, savoir ce que les paysans d’aujourd’hui cultiveront demain, dans quelles conditions, savoir quelles terres fertiles nous préserverons, y compris en interdisant la construction d’aéroports, de barrages ou  de villages de tourisme artificiels sont en effet des enjeux politiques nationaux. Pas sûr que les solutions qui sortiraient d’un vrai débat les satisferaient.

Notre futur territoire au sein de la Métropole du Grand Paris se précise

T11, le onzième territoire de la future Métropole du Grand Paris, comprenant 18 communes, rassemblées autour de notre agglomération (Haut Val-de-Marne), Plaine Centrale et Plateau Briard.

Selon Pierre Stoeber, collaborateur du groupe Gauche Citoyenne – Europe Ecologie-Les Verts au département du Val-de-Marne, « voilà la carte des territoires prévue par le préfet après concertation, qui sera validée ou pas par la mission de préfiguration de la Métropole du Grand Paris le 16 juillet prochain. »

Pas de grosse surprise par rapport aux précédents projets. On note que Maisons-Alfort resterait avec l’ACTEP, et que Valenton et Villeneuve-St-Georges seront bien avec nous.

Ici, la note de présentation complète

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Un trottoir/piste cyclable toujours pas praticable entre Boissy et Bonneuil

Après le démantèlement des camps de Roms de la RN 19, les services de l’Etat ont nettoyé les lieux, et obstrué les accès pour éviter un retour des Roms.

Mais du coup, la circulation à pied et surtout à vélo et avec des poussettes est en ce moment difficile, du fait d’un gros bloc de béton sur le trottoir en venant de Bonneuil. Jusqu’à il y a quelques jours, il y en avait un autre de l’autre côté, à l’entrée de Boissy.

Il a été déplacé et on voit sur son emplacement d’origine une marque rouge au sol qui laisse supposer qu’un équipement sera installé. Un portique, autre chose ? J’espère que les services concernés penseront aux vélos, aux poussettes, aux fauteuils roulants dans leurs calculs. Souhaitons aussi que le trottoir soit correctement nettoyé et débarrassé des plaques de terre qui se transformeront vite en boue glissante quand il pleuvra.

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Vers une économie de maraîchers, un bel article de Libé

Je reproduis ici en entier un article de libération.fr du 23 décembre. Ce qui est décrit dans cet article est assez enthousiasmant : une production agricole vivrière Bio, respectueuse de la nature et de l’environnement, totalement durable. On est là en plein dans la transition écologique. Respects pour ce couple entreprenant et engagé !

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La ferme du Bec Hallouin situŽée en Normandie, estˆ l’origine de Perrine et Charles Hervé-Gruyer. (Photo Jean-Michel Sicot)

REPORTAGE

En Normandie, un couple de permaculteurs marie agriculture durable et avancées scientifiques.

Au Bec-Hellouin, dans l’Eure, cette ferme normande aux allures traditionnelles cultive un secret qui pourrait bien être celui de l’agriculture de demain. Depuis 2006, Perrine et Charles Hervé-Gruyer y développent la permaculture (comprenez culture permanente, au sens de durable) en s’inspirant des écosystèmes naturels tels qu’ils existaient avant l’arrivée du pétrole, de la mécanisation et des pesticides. «Il s’agit de prendre la nature comme modèle, de laisser interagir les éléments entre eux. C’est une spirale vertueuse dans laquelle il n’y a plus de déchet.»

Le couple fait appel aux techniques ancestrales : leur forge remet au goût du jour d’anciens outils, comme le paroir de sabotier ou le coutre, l’emplacement des cultures est choisi en fonction des arbres et des points d’eau qui favorisent la biodiversité, les poneys et le cheval de trait sont utilisés en traction animale… Mais les agriculteurs comptent aussi sur les avancées de la science. «En biologie, nous avons doublé nos connaissances en cinq ans !» s’enthousiasment-ils.

Le défi consiste à produire une culture biologique et intensive sur une surface réduite afin d’envisager l’installation de microfermes partout sur le territoire, y compris en ville. Un idéal à portée de main grâce, entre autres, à la culture sur buttes. «On crée un amoncellement de terre pour passer de 15 cm à 60 cm de terres arables et enrichir le sol en humus, explique Charles Hervé-Gruyer. On recouvre les allées de compost et, sur les buttes, on associe des cultures, comme la carotte et le poireau par exemple. D’autres l’ont fait avant nous, on a oublié ces maraîchers parisiens qui ont nourri la capitale en production légumière durant la seconde moitié du XIXe siècle, réalisant jusqu’à huit rotations de cultures par an !»

Strate herbacée. L’île-jardin de la ferme du Bec-Hellouin illustre l’application concrète de cette permaculture. Les mares réfléchissent le rayonnement solaire et offrent un microclimat favorable. La vase est utilisée comme engrais. Les roseaux servent à pailler ou à nourrir les animaux. Tout autour, une forêt abrite les légumes contre le vent dominant. Le coin jardin est imaginé telle une superposition de plantations complémentaires : les arbres fruitiers, puis les plantes à baies et, au sol, une strate herbacée. «Il est autofertile, on laisse la nature agir, on fauche juste deux ou trois fois par an.»

En partenariat avec l’Inra et AgroParisTech, les deux agriculteurs sont en passe de démontrer que chaque parcelle de 1 000 m2 cultivée selon leur méthode pourrait créer un emploi. «Le dernier exercice montre que cette surface a permis de dégager 32 000 euros de chiffre d’affaires sur un an pour 1 400 heures travaillées, ce qui conforte notre hypothèse. Mais nous n’en sommes qu’au tout début», tempère Charles Hervé-Gruyer. Qui raconte qu’il est parfois traité de «menteur» par certains observateurs que ses bons résultats laissent sceptiques.

D’autant que son terrain n’était en principe pas favorable au maraîchage. «Un agronome nous a dit que les terres n’avaient pas dû être cultivées depuis le néolithique puisqu’elles étaient réservées à l’herbage.»

Pour creuser son cheminement et tester ses méthodes, le couple s’appuie sur d’autres expériences fructueuses aux Etats-Unis ou en Australie, berceau de la permaculture depuis les années 70. «Notre dépendance au pétrole doit nous amener à repenser nos pratiques agricoles. Aujourd’hui, pour la production d’une calorie dans notre assiette, on en dépense dix en énergies fossiles. Il nous faut aussi réfléchir à cette question : comment nourrir la planète sans la détruire ?» interroge cet ancien marin qui a, dans une vie précédente, parcouru le monde à la rencontre des «peuples premiers». «La FAO [l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ndlr] annonce qu’il faudra doubler la productionalimentaire d’ici 2050 dans les pays en voie de développement. Comment y parvenir alors que plus d’un milliard d’êtres humains souffrent déjà de malnutrition ?»

topinambours. La relocalisation de la production agricole afin de tendre à une autonomie alimentaire offre un début de réponse. Dans le village du Bec-Hellouin, une quinzaine d’habitants a pris l’habitude de passer à la ferme le mercredi pour récupérer un panier maraîcher oscillant entre 10 et 20 euros. «Les gens se servent eux-mêmes, on prolonge le moment afin d’échanger autour des produits», explique Sacha Guégan qui tient la boutique ces soirs-là. Un enseignant de 37 ans pèse un sachet de pourpier. «J’ai deux enfants en bas âge, je veux leur éviter d’ingurgiter des pesticides, explique-t-il. Même dans les marchés, on n’a pas cette garantie.» Il est également question d’apprendre à manger moins et mieux, selon les territoires et les saisons. La ferme travaille en collaboration avec le Sergent recruteur, un restaurant gastronomique parisien. «On y redécouvre nos fruits et légumes : fricassée de choux, jus de pommes et carottes blanches, glace aux topinambours…» se délecte Charles Hervé-Gruyer. Un retraité rejoint la conversation : «Je suis dans le coin depuis soixante-dix ans, je ne m’attendais pas à voir un tel projet débarquer !Avant de rencontrer Charles et Perrine, je les prenais pour des fous.» Le genre de fous qui voudraient changer le monde. Et dont les rêves commencent à prendre racine.

Par Apolline Guichet (Reporters d’espoirs) Envoyée spéciale au Bec-Hellouin Photo Jean Michel Sicot