Archives de catégorie : Ecologie

COP 21, un vœu malheureusement non retenu à Boissy

La 21ème conférence des parties, la COP21, à Paris, du 30 novembre au 11 décembre 2015.

Cop-21Les organisations Alternatiba et le collectif pour une transition citoyenne ont proposé à l’ensemble des communes de délibérer sur un vœu pour soutenir la COP21 et de s’engager à réaliser d’ici un an 5 des objectifs du pacte pour la transition.

J’ai adressé ce vœu au nom du groupe d’élus dont je fais partie, Boissy Avenir, accompagné du pacte de transition au cabinet du maire de Boissy-Saint-Léger le 8 novembre 2015, avec l’intention d’en débattre et de délibérer lors du Conseil Municipal suivant, le 16 novembre, dernier Conseil avant la COP21. Le délai entre mon envoi et la date du Conseil était supérieur aux cinq jours francs réglementaires et pouvait permettre sa communication aux Conseillers municipaux en vue d’une délibération.

Par courriel du 13 novembre, la directrice de cabinet du maire m’a prévenu que ce vœu ne serait pas présenté au Conseil, faute d’avoir pu être soumis à la commission des affaires générales et finances précédant le Conseil Municipal. Lors du rassemblement en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre qui a eu lieu le lundi 16 novembre à midi, le maire m’a redit la même chose, en m’informant qu’il aborderait ce point lors de son exposé de début de Conseil et qu’il proposerait de mettre en place un groupe de travail sur le sujet, groupe auquel j’aurais pu être associé.

Or, d’une part il n’a pas abordé ce point pendant son exposé le soir même, mais surtout, après avoir vérifié le Code Général des Collectivités Territoriales et le règlement intérieur de notre Conseil Municipal, il nous apparait clairement qu’il aurait pu présenter le vœu et que son excuse du passage devant la commission ad-hoc n’était qu’un prétexte. Par ailleurs, ce même règlement intérieur permet tout-à-fait de délibérer sur des points urgents si le Conseil Municipal l’accepte.

Nous ne nous expliquons pas ce refus, sauf à envisager que le maire ne veut pas que des membres de l’opposition fassent preuve d’initiative de nature à emporter l’adhésion d’une majorité du Conseil, ou qu’il ne juge pas les enjeux qui seront traités à la COP21 suffisamment importants pour être repris et déclinés dans notre commune.

Nous regrettons profondément ce refus que nous considérons comme un nouveau déni de démocratie et une marque de mépris devant une initiative pourtant essentielle face aux enjeux du réchauffement climatique et des efforts que chaque collectivité doit, et peut faire, pour contribuer à préserver le climat. Boissy-Saint-Léger n’apparaitra pas dans la dynamique de la COP21, et c’est bien dommage.

Crise des éleveurs, crise de régime… alimentaire

Les éleveurs, et avec eux de nombreux autres paysans, font un travail difficile, fatiguant, sans vraies vacances et avec beaucoup d’inquiétude pour leurs revenus souvent très faibles et pour leur avenir.

De ce point de vue, leur mouvement social est la légitime colère provoquée par la peur du lendemain et l’injustice des conditions que leur imposent la grande distribution, la concurrence internationale féroce, des banquiers sans scrupule. Je comprends leur colère et je compatis à leurs difficultés.

Mais…

L’agriculture intensive détruit la biodiversité, appauvrit les sols, pollue les cours d’eau et l’atmosphère, consomme une trop grande quantité d’énergie. L’élevage intensif nécessite des surfaces gigantesques, en France ou ailleurs, pour cultiver les végétaux nécessaires à l’alimentation des animaux de boucherie. Alors qu’une alimentation avec moins (pas) de viande serait plus respectueuse de l’environnement et de notre santé. Elle réduirait l’impact de la concurrence entre ces cultures intensives et les cultures vivrières, autant que possible relocalisées, saisonnières et en circuits courts. Et enfin, une alimentation plus tournée vers les végétaux provoquerait moins de souffrance pour les animaux.

Mais…

Ce mouvement, comme celui des bonnets rouges qui d’ailleurs repointent le bout de leur nez, est une contestation très politique, qui profite de la faiblesse du gouvernement Hollande pour tenter un passage en force et favoriser le retour de la droite au pouvoir. La FNSEA qui mène la danse ne parle pas des aides énormes que reçoivent de l’Europe les grands céréaliers, ceux-là même qui pourrissent nos sols et fournissent les produits qu’ils vendent très cher aux éleveurs, sans plus d’états d’âmes que les distributeurs.

Mais…

Ça me dérange que plus personne ne sache négocier et que les revendications s’expriment en dehors des organisations représentatives, dans la rue, dans la violence parfois.

Après les bonnets rouges qui ont eu la peau de l’écotaxe, les buralistes qui viennent d’obtenir celle du paquet de cigarettes neutre, les taxis qui préservent par la force leurs petites entreprises, on verra quoi demain ? Les marchands d’armes qui exigeront plus de conflits pour faire tourner leurs usines ?

En revanche, les paysans ont raison quant ils en appellent aux politiques : savoir ce que les Français mangeront demain, savoir ce que les paysans d’aujourd’hui cultiveront demain, dans quelles conditions, savoir quelles terres fertiles nous préserverons, y compris en interdisant la construction d’aéroports, de barrages ou  de villages de tourisme artificiels sont en effet des enjeux politiques nationaux. Pas sûr que les solutions qui sortiraient d’un vrai débat les satisferaient.

Un trottoir/piste cyclable toujours pas praticable entre Boissy et Bonneuil

Après le démantèlement des camps de Roms de la RN 19, les services de l’Etat ont nettoyé les lieux, et obstrué les accès pour éviter un retour des Roms.

Mais du coup, la circulation à pied et surtout à vélo et avec des poussettes est en ce moment difficile, du fait d’un gros bloc de béton sur le trottoir en venant de Bonneuil. Jusqu’à il y a quelques jours, il y en avait un autre de l’autre côté, à l’entrée de Boissy.

Il a été déplacé et on voit sur son emplacement d’origine une marque rouge au sol qui laisse supposer qu’un équipement sera installé. Un portique, autre chose ? J’espère que les services concernés penseront aux vélos, aux poussettes, aux fauteuils roulants dans leurs calculs. Souhaitons aussi que le trottoir soit correctement nettoyé et débarrassé des plaques de terre qui se transformeront vite en boue glissante quand il pleuvra.

Jpeg   Jpeg

 

Vers une économie de maraîchers, un bel article de Libé

Je reproduis ici en entier un article de libération.fr du 23 décembre. Ce qui est décrit dans cet article est assez enthousiasmant : une production agricole vivrière Bio, respectueuse de la nature et de l’environnement, totalement durable. On est là en plein dans la transition écologique. Respects pour ce couple entreprenant et engagé !

606913-bec_hallouin_01_20131216135jpg

La ferme du Bec Hallouin situŽée en Normandie, estˆ l’origine de Perrine et Charles Hervé-Gruyer. (Photo Jean-Michel Sicot)

REPORTAGE

En Normandie, un couple de permaculteurs marie agriculture durable et avancées scientifiques.

Au Bec-Hellouin, dans l’Eure, cette ferme normande aux allures traditionnelles cultive un secret qui pourrait bien être celui de l’agriculture de demain. Depuis 2006, Perrine et Charles Hervé-Gruyer y développent la permaculture (comprenez culture permanente, au sens de durable) en s’inspirant des écosystèmes naturels tels qu’ils existaient avant l’arrivée du pétrole, de la mécanisation et des pesticides. «Il s’agit de prendre la nature comme modèle, de laisser interagir les éléments entre eux. C’est une spirale vertueuse dans laquelle il n’y a plus de déchet.»

Le couple fait appel aux techniques ancestrales : leur forge remet au goût du jour d’anciens outils, comme le paroir de sabotier ou le coutre, l’emplacement des cultures est choisi en fonction des arbres et des points d’eau qui favorisent la biodiversité, les poneys et le cheval de trait sont utilisés en traction animale… Mais les agriculteurs comptent aussi sur les avancées de la science. «En biologie, nous avons doublé nos connaissances en cinq ans !» s’enthousiasment-ils.

Le défi consiste à produire une culture biologique et intensive sur une surface réduite afin d’envisager l’installation de microfermes partout sur le territoire, y compris en ville. Un idéal à portée de main grâce, entre autres, à la culture sur buttes. «On crée un amoncellement de terre pour passer de 15 cm à 60 cm de terres arables et enrichir le sol en humus, explique Charles Hervé-Gruyer. On recouvre les allées de compost et, sur les buttes, on associe des cultures, comme la carotte et le poireau par exemple. D’autres l’ont fait avant nous, on a oublié ces maraîchers parisiens qui ont nourri la capitale en production légumière durant la seconde moitié du XIXe siècle, réalisant jusqu’à huit rotations de cultures par an !»

Strate herbacée. L’île-jardin de la ferme du Bec-Hellouin illustre l’application concrète de cette permaculture. Les mares réfléchissent le rayonnement solaire et offrent un microclimat favorable. La vase est utilisée comme engrais. Les roseaux servent à pailler ou à nourrir les animaux. Tout autour, une forêt abrite les légumes contre le vent dominant. Le coin jardin est imaginé telle une superposition de plantations complémentaires : les arbres fruitiers, puis les plantes à baies et, au sol, une strate herbacée. «Il est autofertile, on laisse la nature agir, on fauche juste deux ou trois fois par an.»

En partenariat avec l’Inra et AgroParisTech, les deux agriculteurs sont en passe de démontrer que chaque parcelle de 1 000 m2 cultivée selon leur méthode pourrait créer un emploi. «Le dernier exercice montre que cette surface a permis de dégager 32 000 euros de chiffre d’affaires sur un an pour 1 400 heures travaillées, ce qui conforte notre hypothèse. Mais nous n’en sommes qu’au tout début», tempère Charles Hervé-Gruyer. Qui raconte qu’il est parfois traité de «menteur» par certains observateurs que ses bons résultats laissent sceptiques.

D’autant que son terrain n’était en principe pas favorable au maraîchage. «Un agronome nous a dit que les terres n’avaient pas dû être cultivées depuis le néolithique puisqu’elles étaient réservées à l’herbage.»

Pour creuser son cheminement et tester ses méthodes, le couple s’appuie sur d’autres expériences fructueuses aux Etats-Unis ou en Australie, berceau de la permaculture depuis les années 70. «Notre dépendance au pétrole doit nous amener à repenser nos pratiques agricoles. Aujourd’hui, pour la production d’une calorie dans notre assiette, on en dépense dix en énergies fossiles. Il nous faut aussi réfléchir à cette question : comment nourrir la planète sans la détruire ?» interroge cet ancien marin qui a, dans une vie précédente, parcouru le monde à la rencontre des «peuples premiers». «La FAO [l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ndlr] annonce qu’il faudra doubler la productionalimentaire d’ici 2050 dans les pays en voie de développement. Comment y parvenir alors que plus d’un milliard d’êtres humains souffrent déjà de malnutrition ?»

topinambours. La relocalisation de la production agricole afin de tendre à une autonomie alimentaire offre un début de réponse. Dans le village du Bec-Hellouin, une quinzaine d’habitants a pris l’habitude de passer à la ferme le mercredi pour récupérer un panier maraîcher oscillant entre 10 et 20 euros. «Les gens se servent eux-mêmes, on prolonge le moment afin d’échanger autour des produits», explique Sacha Guégan qui tient la boutique ces soirs-là. Un enseignant de 37 ans pèse un sachet de pourpier. «J’ai deux enfants en bas âge, je veux leur éviter d’ingurgiter des pesticides, explique-t-il. Même dans les marchés, on n’a pas cette garantie.» Il est également question d’apprendre à manger moins et mieux, selon les territoires et les saisons. La ferme travaille en collaboration avec le Sergent recruteur, un restaurant gastronomique parisien. «On y redécouvre nos fruits et légumes : fricassée de choux, jus de pommes et carottes blanches, glace aux topinambours…» se délecte Charles Hervé-Gruyer. Un retraité rejoint la conversation : «Je suis dans le coin depuis soixante-dix ans, je ne m’attendais pas à voir un tel projet débarquer !Avant de rencontrer Charles et Perrine, je les prenais pour des fous.» Le genre de fous qui voudraient changer le monde. Et dont les rêves commencent à prendre racine.

Par Apolline Guichet (Reporters d’espoirs) Envoyée spéciale au Bec-Hellouin Photo Jean Michel Sicot

Les véhicules électriques, mauvaise réponse aux défis de la pollution et du réchauffement climatique

autoelectriqueComme souvent en décembre quand un anticyclone nous protège des intempéries, l’Ile de France est en alerte aux particules fines.

Il est tentant d’en profiter pour relancer l’idée de développer les véhicules électriques, sensés répondre au problème de la pollution atmosphérique et aux émissions de gaz à effet de serre.

Malheureusement, le bilan écologique des voitures électriques n’est pas bon, ou plutôt, ça dépend de l’usage qu’on en fait et d’où provient l’électricité utilisée pour les recharger.

Selon une étude de l’Ademe, elles posent un gros problème dès leur fabrication. Les composants nouveaux utilisés par les industriels pour abaisser leur poids ou pour fabriquer les batteries font que leur bilan CO2 est bien moins « bon » que les véhicules à carburant classique. Elles doivent rouler au moins 50.000 km pour enfin voir ce bilan rattraper son retard par rapport aux véhicules à moteur thermique. Ensuite, si elles sont utilisées plus de 150.000 km, elles pourront être considérées comme meilleures en matière de bilan carbone. Et encore, à condition de rouler en France, avec des recharges des batteries grâce à l’énergie nucléaire ! Dans d’autres pays qui produisent l’électricité à l’aide de centrales au charbon, alors le bilan reste très largement négatif.

En revanche, ces voitures électriques sont utiles pour réduire localement l’émission de gaz toxiques. Faible consolation, qui consiste à délocaliser ces émissions !

Il ne faut pas faire croire que la voiture électrique est une solution durable (en tout cas actuellement). C’est même un énorme mensonge commercial de prétendre que la voiture électrique, c’est « zéro pollution ». Ce sont la sobriété énergétique, le développement des énergies renouvelables, des transports en commun et des circulations douces (vélo, marche à pied) qui permettront d’atteindre les objectifs auxquels la France s’est engagée lors du sommet de la terre à Rio et des lois Grenelle 1 et 2 de 2009 et 2010.