Instrumentaliser le besoin d’ordre pour préparer les élections – un vieux réflexe de la droite, républicaine ou pas, qu’il y ait, ou pas, des désordres importants

Publié le 28 février 2025

D’abord, il faut que je dise que, oui, la saleté, les dépôts d’ordure sauvages, les rassemblements abusifs d’individus alcoolisés, la vente de cigarettes de contrebande à la sauvette, le trafic de stupéfiant sont des nuisances qu’il faut combattre.

Les municipales approchent, à Boissy-St-Léger comme partout ailleurs en France. C’est le moment pour l’opposition de droite qui veut exister et séduire les électeurs de surfer sur les sujets qui pourraient la porter et d’exploiter les plaintes légitimes qui peuvent s’exprimer.

A Boissy, ce qui motive la droite, ce sont les regroupements d’individus quelquefois alcoolisés qui consomment sur la voie publique et gênent les passants.

Les protestataires ont raison. Ces groupes d’hommes plutôt jeunes et d’origine souvent du Cap Vert encombrent un peu trop bruyamment les abords de la gare RER et particulièrement le passage Murat.

Les protestataires exagèrent en parlant d’agressions et de difficulté à circuler. Mais je comprends que traverser ces groupes puisse être au minimum désagréable quand on risque de se faire interpeller, surtout pour les femmes.

Les protestataires ont tort lorsqu’ils fustigent la politique « forcément » laxiste de la gauche au pouvoir à Boissy.

D’abord parce que le problème est le même partout, dans toutes les villes en zone urbaines, quelle que soit leur couleur politique, et ensuite parce que le maire et les élus de la majorité de Boissy préfèreraient eux aussi que ces groupes ne trainent pas dans ces lieux très fréquentés par les Boisséens et toutes les personnes qui fréquentent les commerces du quartier et qui vont à la gare RER ou à la gare routière, ou qui en reviennent.

Ensuite parce que la ville de Boissy a bien conscience du problème et agit pour le résoudre. Passages réguliers de la police municipale, appels réguliers aussi à la police nationale, interpellation de la copropriété qui ne fait pas ce qui devrait être fait pour les poubelles et l’entretien des locaux, interpellations régulières des commerçants qui encombrent l’espace public, trottoir, bande cyclable, avec là aussi leurs poubelles, leur matériel et les palettes de livraison. Plusieurs courriers recommandés ont été adressés à la RATP et à RATP Habitat pour exiger une clôture de la zone près de l’escalier vers le tunnel utilisée comme dépôt de déchets.

Plusieurs des commerces concernés ont déjà fait l’objet de fermeture administrative pour manquement à leurs obligations.

Le trottoir, bien abimé par les stationnements de camions de livraison a dû être réparé, une place de stationnement dédiée aux livraisons à été créée.

Pour ce qui concerne les interventions de la police nationale, la diminution des effectifs de 18 fonctionnaires de police au commissariat de Boissy fait qu’ils sont malheureusement beaucoup moins disponibles pour ce type de problèmes.

Les protestataires ont tort lorsqu’ils font ces reproches à la mairie. Le problème, à Boissy comme ailleurs, vient d’abord de l’éducation, du manque de moyens des services de prévention, du manque de logements, de la réduction des moyens de la police nationale et de la disparition de l’ilotage, de la négligence de certaines copropriétés et de certains commerces.