Archives de catégorie : Actualité

Dénumérisation relationnelle

C’est fou ce qu’on peut se laisser envahir par les réseaux sociaux. C’était trop pour moi et il fallait que je réagisse.

J’ai supprimé mon compte Linkedin il y a environ un an, ça c’était motivé par la fin de mes activités professionnelles.

Je viens de supprimer mes comptes Twitter, Instagram et Tiktok, plus ou moins anciens, installés notamment pour suivre la « mode » des militants politiques et que je n’utilisais quasiment jamais. J’ai supprimé aussi Telegram, que je pensais d’abord être un remplaçant sécurisé à WhatsApp et qui m’avait par ailleurs été recommandé par EELV pour l’élection présidentielle et dont les très nombreux messages m’ont vite soulé. La fin de la longue séquence des élections, municipales en 2020, départementales en 2021, présidentielle et législatives cette année m’a aidé à prendre ces décisions.

Ces « outils » me manqueront pour les prochaines campagnes électorales ? Pas du tout, j’ai bien l’intention de devenir simple observateur de l’agitation de ce petit monde et de m’éloigner des injonctions à faire ou ne pas faire. Peu-être, si une femme ou un homme capable de s’engager aux prochaines municipales à Boissy pour agir résolument en faveur de la transition écologique, de la justice sociale et de la démocratie locale se déclare, pourrais-je lui apporter mon soutien. Bon courage à celles et ceux qui continueront à s’investir et à proposer (ou imposer) leurs candidatures.

Il y a quelques jours, j’ai fait un grand pas vers la libération numérique en supprimant Facebook de mon téléphone. J’y vais encore de temps en temps sur mon PC, mais je m’interroge sur la possible suppression définitive de mon compte et la séparation d’avec mes 3100 « amis ». Si je le fais, j’y perdrai beaucoup d’informations dont quelques-unes de grandes qualité, mais j’y gagnerai énormément en sérénité et en temps pour faire autre chose.

Il me restera à me désinscrire de plusieurs groupes WhatsApp envahissants et/ou sans utilité, pourvoyeurs de quantité de photos et vidéos souvent jolies / amusantes / utiles mais dont le nombre et la fréquence m’agacent et dont les effets sur le fonctionnement des serveurs de Meta sont désastreux pour la consommation d’énergie et l’émission de gaz à effet de serre.

Le grand ménage est lancé !

Ajout le 2 juillet : j’ai découvert une fonction bien utile de WhatsApp qui permet d’interdire à tout le monde de nous ajouter à un groupe. Aussitôt trouvé, aussitôt fait.

Si ça vous intéresse : paramètres / compte / confidentialité / groupes / mes contacts sauf… / et là on coche tous les contacts avant de confirmer.

Vendredi 3 juin, c’était la fête des voisins aux Hautes Varennes

Hier soir, vendredi 3 juin, c’était la fête des voisins des Hautes Varennes à Boissy-Saint-Léger à l’occasion de laquelle nous avons fêté aussi les 40 ans d’existence de cette association syndicale hors du commun.

Entre 60 et 70 personnes présentes, une abondance de plats faits maison de toutes origines ainsi que des boissons variées, une ambiance joyeuse et tranquille qui nous a toutes et tous fait chaud au cœur. J’ai brièvement rappelé l’historique et le monde de fonctionnement de l’ashv, et Régis Charbonnier, maire de Boissy et membre de l’association, a évoqué quelques souvenirs des premières années.

Tout les présents étaient motivés pour poursuivre encore longtemps cette belle aventure, statutaire bien sûr, mais aussi et surtout humaine.

Un grand merci à toutes les personnes présentes et une amicale pensée pour celles et ceux qui auraient aimé y être mais qui étaient empêchés.

Les Hautes Varennes ont 40 ans cette année

Le quartier d’habitation des Hautes Varennes à Boissy-Saint-Léger, 110 pavillons dans la Haie Griselle, aux portes de Bonneuil-sur-Marne et de Limeil-Brévannes, a 40 ans cette année. C’était une des dernières réalisations, sans doute la dernière, de la ZAC de la Haie Griselle, depuis dissoute. Il est géré par une association syndicale libre (ASL), sorte de syndic bénévole dirigée par un Syndicat, qu’on appelle encore par habitude conseil syndical.

L’ASHV est un des 33 co-syndicataires de l’ASGE, association syndicale de gestion et d’entretien de la Haie Griselle, qui en comptera bientôt quelques-uns de plus lorsque les premiers immeubles de la Charmeraie seront livrés.

C’est une forme de petit miracle humain qui fait que depuis 1982 les habitants du quartier ont toujours trouvé des volontaires pour assurer la pérennité de cette ASL.

Ont été présidents et présidentes de l’association syndicale des Hautes Varennes, avec un, deux ou trois mandats, successifs ou pas :

Régis Charbonnier
José Ceccarelli
Serge Boileau
Pascal Dejoux
Christian Rakotoasitera
Christian Larger (1er mandat, de 1996 à 1999)
Marcel Brillant
Christophe Fogel
Corinne Durand
Géraldine Jagrin
Daphné Moulin
Christian Larger (second mandat, à partir de mai 2016)

Des dizaines d’autres résidents ont consacré de leur temps et de leur énergie à faire vivre notre association de propriétaires en étant vice-présidente, trésorier, trésorier-adjoint, secrétaire, président ou présidente du conseil syndical, conseiller syndical et conseillère syndicale, souvent en assurant successivement plusieurs de ces mandats.

En illustrations, deux extraits du 1er journal de quartier que j’avais lancé lors de mon premier mandat, en 1996.

Des propriétaires du début, il doit en rester entre 20 et 30 (je n’ai pas compté).

Ce quartier a toujours su, grâce à l’ASHV et au fonctionnement de son conseil syndical, entretenir un esprit de proximité, de convivialité, de solidarité, allant bien au-delà de ses obligations statutaires en organisant des fêtes, des tournois sportifs, des apéritifs sur nos places et des fêtes des voisins.

Nous fêterons l’anniversaire des Hautes Varennes dans quelques jours, sur le square des Varennes. Les habitants du quartier y apporteront un plat de leur confection ou une bouteille, et nous aurons le plaisir d’échanger, comme nous aimons toutes et tous tellement le faire, sur nos vies, nos familles, nos joies et nos peines, notre quartier, ses plaisirs et ses soucis.

40 ans, et ça va continuer encore longtemps !

Vive les Hautes Varennes !

Aménagement de la couverture de la déviation et de ses abords – respecter la faune sauvage !

Ceci est l’article libre opinion qui sera publié dans le prochain Boissy Mag

Cinq ans après le concours désignant la société chargée de l’aménagement de la couverture et des abords de la déviation, les financements et les détails du projet final ne sont toujours pas connus.

Parmi les enjeux de cet aménagement, créer des aires de loisirs, faciliter le cheminement piéton et cycliste, l’un d’entre eux attire particulièrement notre attention.

Des chevreuils, des daims, d’autres mammifères, de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et de batraciens habitent ces espaces, s’y nourrissent, s’y reposent, s’y reproduisent et s’y déplacent.

Le projet doit impérativement respecter ces habitats, pendant la réalisation des travaux et lorsqu’ils seront terminés. Chaque bosquet, chaque creux, chaque pied d’arbre peut abriter un animal ou un groupe d’animaux.

La faune boisséenne est exceptionnellement riche. Des cervidés aussi près d’une métropole est un cas unique en Europe. La vie de ces animaux et la biodiversité sont à protéger. Les espaces formant leur habitat sont un véritable poumon vert pour les humains que nous sommes et qui peuvent s’y promener avec respect.

Non à la retraite à 65 ans !

La retraite à 65 ans proposée par le candidat Macron : un dogme libéral aveugle et une terrible régression sociale

Parce que le modèle voulant que les cotisants paient les retraites n’est pas tenable. Les gains de productivité ne cessent d’augmenter et le rapport du nombre de cotisants (30 millions d’actifs) par rapports au nombre de retraités (17 millions) ne cesse de diminuer. Ça ne peut plus fonctionner, même en faisant travailler les gens plus longtemps.

Parce que c’est profondément injuste. L’espérance de vie des travailleurs les plus pauvres est très inférieure à celle des plus aisés. 13 ans d’écart chez les hommes, 8 ans d’écart chez les femmes.

Et n’oublions pas les chômeurs : après un an de chômage, les personnes sans emploi voient leur espérance de vie diminuer d’une année par rapport aux travailleurs.

Parce que pour « travailler tous », il faut « travailler moins ». Ça passe par la réduction du temps de travail hebdomadaire mais aussi par la non augmentation de l’âge de départ à la retraite.

Parce que 65 ans est un choix hypocrite. En France, l’âge réel de départ à la retraite est de 62,5 ans pour les hommes, 63 ans pour les femmes. Et ces âges ne tiennent pas compte de celles et ceux qui sont en chômage de longue durée ou en invalidité, usés par des années de travail contraignant. Comme pour les précédentes réformes (Sarkozy, Hollande), la volonté réelle de Macron et de ses soutiens politiques et financiers est de réduire le montant des pensions, les gens prenant leur retraite sans attendre le taux plein.

Parce que considérer le travail comme seule façon d’être utile au collectif est une grave erreur. Heureusement qu’il y a des retraités encore en forme pour faire vivre les associations, dont les associations caritatives, les clubs sportifs, participer aux pédibus, garder leurs petits-enfants,etc.

Par contre, celles et ceux qui le souhaitent ou qui le peuvent, il faut bien sûr leur permettre de poursuivre leur activité.

Et alors, gros malin, nous disent les super calculateurs, tous faisant partie de cette France qui va plutôt bien, qui va payer ?

Facile, celles et ceux qui s’en mettent plein les comptes en Suisse grâce aux dividendes qu’ils reçoivent et les impôts qu’ils ne paient pas. Taxer les transactions financières et traquer l’évasion fiscale, deux mesures qui apporteront à l’État les moyens pour financer les retraites, les hôpitaux, les écoles, les maisons de retraite, etc.

Non à la retraite à 65 ans !

Baromètre 2021 des villes cyclables – Il y a beaucoup à faire à Boissy aussi

Les résultats du baromètre 2021 des villes cyclables sont maintenant publics. Peu de villes donnent satisfaction aux cyclistes ou l’envie de se lancer à vélo à celles et ceux qui seraient tentés.

A Boissy-Saint-Léger, de nombreux points noirs sont repérés, le manque d’arceaux de fixation et d’équipements aux carrefours est dénoncé, le mauvais entretien des piste existantes les rend désagréables à emprunter.

Mais le pire, comme dans beaucoup d’autres villes, ce sont les discontinuités. Quelques bouts de piste de ci de là, qui se terminent souvent dans des conditions potentiellement dangereuses, les branches Val-de-Marnaises du RER vélo pour lesquelles il n’y a aucun début de chantier ni même de promesse de financement pour l’ensemble du projet porté par le Collectif Vélo Ile de France. Les sommes budgétées par la Région le sont pour la phase 1 seulement.

Disons pour terminer sur une note positive que la marge de progression est grande !

https://barometre.parlons-velo.fr/2021/palmares/…

Lever de drapeaux

Peut-être suis-je un mauvais patriote. Ceci dit, je voudrais bien comprendre ce que ce mot signifie pour les Français en général, pour les nationalistes en particulier.

Peut-être ai-je raté quelque chose au sujet des symboles, qu’on vénère ou qu’on devrait vénérer.

Dois-je dire mon attachement à la France, à ses codes, à sa langue, à ses territoires, dois-je, autrement dit, démontrer que j’aime mon pays pour avoir le droit d’exprimer que je ne tombe pas en pâmoison devant les symboles qui le représentent ?

L’écoute de la Marseillaise me procure moins d’émotion que « quand on n’a que l’amour » de Jacques Brel, ou que « le jour de clarté » de Graeme Allwright.

Le drapeau français est, pour moi, bien moins important que la fraternité et les désirs de justice et de protection de la planète qui devraient nous porter.

Les nationalistes et les souverainistes m’ont toujours inquiété, à cause de cette préférence qu’ils semblent exprimer pour le symbole plutôt que pour la valeur qu’il porte.

Je ne comprends rien aux cris d’orfraie de la droite et de l’extrême droite, et même de Mélenchon, à la présence du drapeau de l’Union Européenne sous l’Arc de Triomphe, du 31 décembre 2021 au 1er janvier 2022.

Peut-être Macron aurait-il dû s’abstenir.

Sans doute au contraire n’est-ce pas idiot de saluer ainsi le début de la présidence française du conseil européen.

Ça me semble sans réelle importance.

Bonne année 2022, en France ou ailleurs, pour les humains, pour les animaux, pour les végétaux, pour les territoires du monde entier et leur destin commun.

Bonne année 2022 !

Tout est question de point de vue.

C’est sûr, on vit une période difficile… On peut relativiser en se disant que d’autres avant nous ou d’autres ailleurs dans le monde ont vécu ou vivent des situations plus dures, mais ça ne console pas beaucoup.

On peut aussi se dire que la vie est un combat, qu’il peut être joyeux et solidaire.

C’est tout ce que je vous souhaite, une année joyeuse et solidaire, une année combative, pour la santé, pour la justice, pour notre planète et tous ses habitants.

Bonne année, bonne santé !

Bonne année 2022

L’état de la psychiatrie en France

Article emprunté à Libération en ligne

«Quand écoutera-t-on les services de psychiatrie ?»
«Quand écoutera-t-on les services de psychiatrie ?»

Quand on demande à Delphine Glachant, psychiatre dans l’hôpital des Murets (Val-de-Marne) et présidente de l’Union syndicale de la psychiatrie (USP), si en dépit des difficultés elle a le sentiment de faire correctement son travail, elle nous répond sans hésiter : «J’ai 53 ans, je suis épuisée, je cours après le temps. Quand je suis rentrée de vacances, oui, pendant vingt-quatre heures j’ai eu le sentiment de bien travailler, et puis après j’étais de nouveau noyée.»

De guerre lasse – alors que se déroulent ces lundi et mardi les Assises de santé mentale –, Delphine Glachant a fait circuler, ces jours-ci, un texte simple, précis, comme une radiographie de ce qu’elle vit. «Un condensé, nous dit-elle, de la vie dans le service de psychiatrie dans lequel je travaille.» C’est, de fait, un petit enfer au quotidien, où l’on court après le temps, où l’on manque de presque tout, même de pyjamas. On dirait un inventaire à la Prévert de petits malheurs. Pêle-mêle : «Les arrêts de travail des personnels non médicaux non-cadres se multiplient tellement que les normes de personnels soignants ne sont plus respectées. Pour une unité de 30 lits, il y a normalement trois infirmiers et une aide-soignante le matin, trois infirmiers l’après-midi et deux la nuit. Actuellement, la cadre se démène pour que ça tienne, changeant les repos, pour trouver des volontaires en heures sup… Tout le monde est épuisé. Un certain nombre de personnes ont annoncé leur départ, l’une pour ouvrir un gîte, l’autre pour s’installer en libéral. Il est fréquent qu’il y ait deux infirmiers et une aide-soignante l’après-midi et un binôme infirmier/aide-soignante la nuit. Sans compter que ce sont souvent des personnels d’autres services qui ne connaissent pas les patients. Parfois des intérimaires.»

«Comme des pions»

Des accidents, dans ce contexte, surviennent : «L’autre jour, il y a eu des erreurs dans la préparation des médicaments, un neuroleptique remplacé par un autre… Il y a aussi des erreurs dans les transmissions informatiques (un patient pour un autre). Dans la journée, les équipes se plaignent de porter le poids de ce qui n’est pas fait la nuit et surtout de l’absence d’implication des personnels de nuit auprès des patients : forcément ils ne les connaissent pas, sont placés là comme des pions ou viennent juste arrondir leur fin de mois, ce qui est légitime vu leur salaire.»

Bien souvent les patients vont être maltraités. «Avec tout ça, le nombre de patients en isolement partiel ou total augmente. Il y a beaucoup de tension. Les gens s’engueulent : les patients entre eux, les professionnels entre eux, notamment les psychiatres et les secrétaires pour savoir qui va se coltiner le surcroît de travail administratif lié au contrôle judiciaire des mesures d’isolement et de contention. On parle parfois mal aux patients et vice versa.» D’autres détails font frémir : «Depuis plusieurs semaines, les pyjamas fournis par l’hôpital sont quasiment en rupture. Il y a eu un changement de prestataire au niveau de la lingerie en avril. Depuis cela déconne. Certains patients se retrouvent à court de pyjama ou de vêtements. Parce que certains doivent se changer plusieurs fois par jour… Il n’y a plus de chaussons ni de claquettes fournies par l’hôpital. Donc certains patients marchent pieds nus dans les couloirs. Dernièrement, on a donné aux patients des pyjamas jetables voire des draps jetables, parce qu’il n’y a pas toujours de draps non plus. Voilà comment on accueille», lâche-t-elle.

Dernièrement, on a donné aux patients des pyjamas jetables voire des draps jetables, parce qu’il n’y a pas toujours de draps non plus. Voilà comment on accueille. Delphine Glachant, psychiatre dans l’hôpital des Murets (Val-de-Marne)

Puis elle poursuit : «La cafétéria de l’hôpital, lieu important de socialisation et soupape nécessaire pour les patients, tenue par deux infirmières et deux ASH [Agents des services hospitaliers, ndlr], est fermée depuis mi-août et “jusqu’à nouvel ordre”. L’autre jour, un assistant social s’est déchiré un biceps en aidant deux infirmières à relever un patient au sol dans l’unité. Un patient de 120 kg qui se laisse tomber. On nous dit que son arrêt de travail ne sera pas considéré comme un accident de travail parce que s’occuper physiquement d’un patient ne fait pas partie de ses missions… Hier, nous avons appris le décès d’un patient du service voisin la veille. Il a chuté, a été adressé aux urgences de l’hôpital situé à dix kilomètres pour exploration et suture d’une plaie à la tête. Il n’y a qu’un psychiatre de garde pour l’établissement. La ligne de garde du généraliste a été supprimée lors du dernier Plan de retour à l’équilibre [budgétaire]. Aucun bilan n’a été fait. Juste les sutures. Il est revenu, il a désaturé et a fait un arrêt cardiaque. Hier après-midi, dans ce service, seule une des infirmières d’après-midi sur trois est venue travailler. Deux du matin ont dû prolonger leurs horaires sur ordre de la direction des soins infirmiers…»

Les Assises, «je regarde de loin»

Ailleurs ? C’est souvent pareil. «A l’hôpital de Ville-Evrard [Seine-Saint-Denis], il y a 80 postes d’infirmiers vacants. A Esquirol [Val-de-Marne], 30 postes sont vacants. Deux unités d’intra, au sein de l’hôpital, tournent avec 80% d’intérimaires dans l’effectif infirmier. Ce matin, la cadre de mon unité s’est effondrée en pleurs devant moi, elle qui est si solide habituellement. Elle prend toute l’agressivité de tout le monde en pleine figure, elle ne trouve pas moyen d’exprimer sa colère ou tout simplement son désarroi. Elle a besoin de vacances dit-elle, mais elle ne peut pas en prendre car elle s’occupe seule chez elle de son père âgé qui a la maladie d’Alzheimer. Le travail était pour elle un refuge jusqu’à présent. Cela n’est plus le cas.»

Voilà. C’est froid et clinique. «Vous comprenez que je regarde de loin ce qui va se passer avec ces Assises. On nous parle de remboursement de séances de psychologue, d’allonger l’internat… Mais les gens ne vont pas bien. C’est usant et décourageant. Tout n’est pas un problème de moyens, mais quand même ! Quand est-ce que l’on prendra au sérieux nos malades ? Quand est-ce que l’on nous écoutera ?»