Grandes fortunes, l’indécence

Yannick Jadot : « La fortune des milliardaires a augmenté plus vite pendant 19 mois de crise sanitaire qu’en une décennie. C’est indécent. Je ne vois pas d’alternative : taxons davantage les grandes fortunes grâce à l’ISF climatique et la fiscalité de l’héritage. #Oxfam#BlueMonday« 

J’irais même plus loin. Je suis favorable à ce qu’on impose un revenu maximum, par exemple à 8000 euros par mois. Tout ce qui dépasse serait versé dans le budget de l’État. Au moins, et quelles que soient les sommes qui seraient récupérées, cette mesure aurait la vertu de réduire l’incroyable décalage entre les revenus des plus pauvres et ceux des plus riches, écart qui entretient à juste titre le sentiment d’injustice.

Et certains parlent encore d’écologie punitive quand les écologistes réclament des efforts urgents

La vraie punition, ce sont les désastres environnementaux que subit la planète entière, certaines régions plus que d’autres. Appliquons de toute urgence les recommandations du GIEC et des écologistes, pour le climat, la biodiversité, l’habitabilité partout dans le monde, pour toutes les espèce vivantes, y compris les humains.

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Primaire populaire

Les partis politiques membres du Pôle Écologiste ont organisé une primaire ouverte en septembre 2021. Des réunions avaient eu lieu les semaines et les mois qui précédaient pour inviter d’autres partis de gauche à y participer.

Cinq candidats se sont alignés pour cette primaire, Yannick Jadot a été élu lors du second tour. Il est le candidat légitime de tous les écologistes.

Parallèlement, des militants de gauche ont voulu initier une autre primaire, la primaire populaire, ayant comme principes de bâtir un programme élaboré par l’ensemble des promoteurs de la primaire et de désigner, sur la base de candidatures ou pas, la personne qui devrait porter ce programme.

Mais le programme de gouvernement qui a été fait ne correspond pas forcément aux propositions des candidats déjà déclarés ni au programmes élaborés par les partis politiques qui les soutiennent. Chez EELV par exemple, c’est le parti tout entier, avec les contributions des autres partis du pôle écolo et les ajustements demandés par le candidat, qui a travaillé sur le programme porté par Yannick Jadot.

Il y a entre les candidates et candidats déclarés des divergences de fond importantes. Sur l’Europe, sur les relations internationales, sur le poids respectif de l’écologie face au social ou à l’économique, sur la laïcité, sur l’urgence de la transition écologique, sur la décroissance.

Il y a aussi la non crédibilité de celles et ceux qui ont participé au gouvernement Hollande et qui ont privilégié le libéralisme économique et social, sans agir suffisamment pour la transition écologique et avec lesquels une alliance n’est pas possible.

Il y a aussi la personnalité de Jean-Luc Mélenchon et de nombreux (pas tous) membres de LFI qui ont vis-à-vis des écologistes une attitude de protestation quelquefois violente qui rend souvent difficile le travail en commun.

Ces divergences, sur le fond, sur l’histoire, sur les relations, font, à mon avis, que la synthèse est impossible.

Clairement, il vaut mieux prendre le risque de perdre que mal gagner, gouverner sans avancer ou faire exploser une majorité qui n’aura pas de ligne politique claire, pas de cohérence.

Ma position personnelle est que je soutiendrai jusqu’au bout Yannick Jadot, quel que soit le résultat de la primaire populaire. Je soutiendrai aussi la candidature aux législatives qui sera retenue par le pôle écologiste, candidate ou candidat qui aura forcément soutenu Yannick Jadot.

Mais je vais aussi voter à la primaire populaire, pour Yannick Jadot, parce que je pense que s’il fait un bon score, sans être candidat, il aura une légitimité plus forte encore.

Lever de drapeaux

Peut-être suis-je un mauvais patriote. Ceci dit, je voudrais bien comprendre ce que ce mot signifie pour les Français en général, pour les nationalistes en particulier.

Peut-être ai-je raté quelque chose au sujet des symboles, qu’on vénère ou qu’on devrait vénérer.

Dois-je dire mon attachement à la France, à ses codes, à sa langue, à ses territoires, dois-je, autrement dit, démontrer que j’aime mon pays pour avoir le droit d’exprimer que je ne tombe pas en pâmoison devant les symboles qui le représentent ?

L’écoute de la Marseillaise me procure moins d’émotion que « quand on n’a que l’amour » de Jacques Brel, ou que « le jour de clarté » de Graeme Allwright.

Le drapeau français est, pour moi, bien moins important que la fraternité et les désirs de justice et de protection de la planète qui devraient nous porter.

Les nationalistes et les souverainistes m’ont toujours inquiété, à cause de cette préférence qu’ils semblent exprimer pour le symbole plutôt que pour la valeur qu’il porte.

Je ne comprends rien aux cris d’orfraie de la droite et de l’extrême droite, et même de Mélenchon, à la présence du drapeau de l’Union Européenne sous l’Arc de Triomphe, du 31 décembre 2021 au 1er janvier 2022.

Peut-être Macron aurait-il dû s’abstenir.

Sans doute au contraire n’est-ce pas idiot de saluer ainsi le début de la présidence française du conseil européen.

Ça me semble sans réelle importance.

Bonne année 2022, en France ou ailleurs, pour les humains, pour les animaux, pour les végétaux, pour les territoires du monde entier et leur destin commun.

Bonne année 2022 !

Tout est question de point de vue.

C’est sûr, on vit une période difficile… On peut relativiser en se disant que d’autres avant nous ou d’autres ailleurs dans le monde ont vécu ou vivent des situations plus dures, mais ça ne console pas beaucoup.

On peut aussi se dire que la vie est un combat, qu’il peut être joyeux et solidaire.

C’est tout ce que je vous souhaite, une année joyeuse et solidaire, une année combative, pour la santé, pour la justice, pour notre planète et tous ses habitants.

Bonne année, bonne santé !

Bonne année 2022

SudEst94 – Le comité de soutien à Yannick Jadot

A la fin de la réunion, quelques membres du comité prennent la pose – Photo Xavier Cantat

Le démarrage du comité de soutien s’est déroulé dans une excellente ambiance. Les participant.e.s ont toutes et tous exprimé leur envie de faire la campagne pour Yannick Jadot et de lier les deux élections, présidentielle et législative.

La présidence du comité sera assurée par deux personnes, Christian Larger et Tania Nioka.

A propos de la primaire populaire, les présents étaient unanimes pour rappeler que « l’Association pour l’Écologie en 2022 » a organisé une primaire ouverte.

 Les statuts de l’association permettaient à d’autres organisations que celles composant le Pôle Écologiste et se reconnaissant de l’écologie politique de la rejoindre et de présenter un, une ou plusieurs candidats. Les candidats finalement déclarés venaient d’EELV, de Génération Écologie et de l’Alliance Écologiste Indépendante.

La primaire s’est tenue et a désigné à l’issue du second tour Yannick Jadot comme candidat commun. Les appels pour d’autres primaires qui surgissent depuis ne changeront pas la légitimité de notre candidat Yannick Jadot, il porte notre voix avec force et clarté. Il incarne avec son parcours et ses engagements les impératifs climatiques, de biodiversité, de justice sociale et de démocratie.

Tania NIOKA – coprésidente du comité de soutien
Christian LARGER – coprésident du comité de soutien

Lutter contre la précarité en donnant aux associations les moyens de fonctionner

Un quinquennat pendant lequel seuls les plus pauvres se sont encore appauvris. Donnons aux associations boisséennes les moyens de leur venir en aide.

Une étude récente de l’institut des politiques publiques le montre : sur le quinquennat, les ménages qui ont le plus gagné de pouvoir d’achat sont… les plus riches, et ceux (les seuls) qui ont le plus perdu sont… les plus pauvres.

La lutte contre la pauvreté et la précarité doit se mener de front avec la lutte pour la transition écologique.

Les personnes et les ménages très pauvres sont très nombreux, dépendant de l’aide publique et de celle des associations caritatives quand la solidarité familiale est insuffisante.

Une ville avec des revenus limités comme l’est Boissy ne peut pas tout, le CCAS apporte d’ailleurs déjà une aide importante aux Boisséennes et Boisséens dans le besoin.

Mais il faut impérativement donner aux associations qui disposent des bénévoles et des dons alimentaires, de vêtements, de jouets ou de tout autre bien ou service les moyens d’agir. Pour commencer, un local. Au moins deux associations qui ont pourtant des bénéficiaires boisséens n’en disposent pas, le Secours Catholique et le Secours Populaire.

Adhérez à Europe Écologie les Verts

Logo EELV

Face aux crises environnementale, sociale, démocratique et sanitaire que nous subissons, on ne peut plus continuer à gérer les territoires, les pays et le monde comme si de rien n’était.

Peser sur les choix politiques, gagner des élections, faire la démonstration qu’une politique portée par une détermination forte vers l’écologie populaire est possible. Ce pouvoir de faire et d’agir passe par le renforcement des collectifs locaux qui débattent, partagent les mêmes craintes et les mêmes espoirs, sont prêts à s’engager, chacun à sa façon, selon ses possibilités, pour transformer nos territoires.

Nos modes de déplacements, notre alimentation, nos consommations relocalisées, la protection des espaces naturels et des terres agricoles, etc. Les leviers d’actions sont nombreux, et là où ils sont activés, ils fonctionnent.

Ça vous dit ? Si oui, adhérez à EELV, c’est facile, c’est une promesse de satisfaction et d’action utile et enthousiasmante.

J’adhère à Europe Écologie Les Verts

Groupe local du Plateau Briard, Boissy-Saint-Léger, Villecresnes, Marolles-en-Brie, Santeny, Mandres-les-Roses, Périgny-sur-Yerres.

Logo EELV

L’état de la psychiatrie en France

Article emprunté à Libération en ligne

«Quand écoutera-t-on les services de psychiatrie ?»
«Quand écoutera-t-on les services de psychiatrie ?»

Quand on demande à Delphine Glachant, psychiatre dans l’hôpital des Murets (Val-de-Marne) et présidente de l’Union syndicale de la psychiatrie (USP), si en dépit des difficultés elle a le sentiment de faire correctement son travail, elle nous répond sans hésiter : «J’ai 53 ans, je suis épuisée, je cours après le temps. Quand je suis rentrée de vacances, oui, pendant vingt-quatre heures j’ai eu le sentiment de bien travailler, et puis après j’étais de nouveau noyée.»

De guerre lasse – alors que se déroulent ces lundi et mardi les Assises de santé mentale –, Delphine Glachant a fait circuler, ces jours-ci, un texte simple, précis, comme une radiographie de ce qu’elle vit. «Un condensé, nous dit-elle, de la vie dans le service de psychiatrie dans lequel je travaille.» C’est, de fait, un petit enfer au quotidien, où l’on court après le temps, où l’on manque de presque tout, même de pyjamas. On dirait un inventaire à la Prévert de petits malheurs. Pêle-mêle : «Les arrêts de travail des personnels non médicaux non-cadres se multiplient tellement que les normes de personnels soignants ne sont plus respectées. Pour une unité de 30 lits, il y a normalement trois infirmiers et une aide-soignante le matin, trois infirmiers l’après-midi et deux la nuit. Actuellement, la cadre se démène pour que ça tienne, changeant les repos, pour trouver des volontaires en heures sup… Tout le monde est épuisé. Un certain nombre de personnes ont annoncé leur départ, l’une pour ouvrir un gîte, l’autre pour s’installer en libéral. Il est fréquent qu’il y ait deux infirmiers et une aide-soignante l’après-midi et un binôme infirmier/aide-soignante la nuit. Sans compter que ce sont souvent des personnels d’autres services qui ne connaissent pas les patients. Parfois des intérimaires.»

«Comme des pions»

Des accidents, dans ce contexte, surviennent : «L’autre jour, il y a eu des erreurs dans la préparation des médicaments, un neuroleptique remplacé par un autre… Il y a aussi des erreurs dans les transmissions informatiques (un patient pour un autre). Dans la journée, les équipes se plaignent de porter le poids de ce qui n’est pas fait la nuit et surtout de l’absence d’implication des personnels de nuit auprès des patients : forcément ils ne les connaissent pas, sont placés là comme des pions ou viennent juste arrondir leur fin de mois, ce qui est légitime vu leur salaire.»

Bien souvent les patients vont être maltraités. «Avec tout ça, le nombre de patients en isolement partiel ou total augmente. Il y a beaucoup de tension. Les gens s’engueulent : les patients entre eux, les professionnels entre eux, notamment les psychiatres et les secrétaires pour savoir qui va se coltiner le surcroît de travail administratif lié au contrôle judiciaire des mesures d’isolement et de contention. On parle parfois mal aux patients et vice versa.» D’autres détails font frémir : «Depuis plusieurs semaines, les pyjamas fournis par l’hôpital sont quasiment en rupture. Il y a eu un changement de prestataire au niveau de la lingerie en avril. Depuis cela déconne. Certains patients se retrouvent à court de pyjama ou de vêtements. Parce que certains doivent se changer plusieurs fois par jour… Il n’y a plus de chaussons ni de claquettes fournies par l’hôpital. Donc certains patients marchent pieds nus dans les couloirs. Dernièrement, on a donné aux patients des pyjamas jetables voire des draps jetables, parce qu’il n’y a pas toujours de draps non plus. Voilà comment on accueille», lâche-t-elle.

Dernièrement, on a donné aux patients des pyjamas jetables voire des draps jetables, parce qu’il n’y a pas toujours de draps non plus. Voilà comment on accueille. Delphine Glachant, psychiatre dans l’hôpital des Murets (Val-de-Marne)

Puis elle poursuit : «La cafétéria de l’hôpital, lieu important de socialisation et soupape nécessaire pour les patients, tenue par deux infirmières et deux ASH [Agents des services hospitaliers, ndlr], est fermée depuis mi-août et “jusqu’à nouvel ordre”. L’autre jour, un assistant social s’est déchiré un biceps en aidant deux infirmières à relever un patient au sol dans l’unité. Un patient de 120 kg qui se laisse tomber. On nous dit que son arrêt de travail ne sera pas considéré comme un accident de travail parce que s’occuper physiquement d’un patient ne fait pas partie de ses missions… Hier, nous avons appris le décès d’un patient du service voisin la veille. Il a chuté, a été adressé aux urgences de l’hôpital situé à dix kilomètres pour exploration et suture d’une plaie à la tête. Il n’y a qu’un psychiatre de garde pour l’établissement. La ligne de garde du généraliste a été supprimée lors du dernier Plan de retour à l’équilibre [budgétaire]. Aucun bilan n’a été fait. Juste les sutures. Il est revenu, il a désaturé et a fait un arrêt cardiaque. Hier après-midi, dans ce service, seule une des infirmières d’après-midi sur trois est venue travailler. Deux du matin ont dû prolonger leurs horaires sur ordre de la direction des soins infirmiers…»

Les Assises, «je regarde de loin»

Ailleurs ? C’est souvent pareil. «A l’hôpital de Ville-Evrard [Seine-Saint-Denis], il y a 80 postes d’infirmiers vacants. A Esquirol [Val-de-Marne], 30 postes sont vacants. Deux unités d’intra, au sein de l’hôpital, tournent avec 80% d’intérimaires dans l’effectif infirmier. Ce matin, la cadre de mon unité s’est effondrée en pleurs devant moi, elle qui est si solide habituellement. Elle prend toute l’agressivité de tout le monde en pleine figure, elle ne trouve pas moyen d’exprimer sa colère ou tout simplement son désarroi. Elle a besoin de vacances dit-elle, mais elle ne peut pas en prendre car elle s’occupe seule chez elle de son père âgé qui a la maladie d’Alzheimer. Le travail était pour elle un refuge jusqu’à présent. Cela n’est plus le cas.»

Voilà. C’est froid et clinique. «Vous comprenez que je regarde de loin ce qui va se passer avec ces Assises. On nous parle de remboursement de séances de psychologue, d’allonger l’internat… Mais les gens ne vont pas bien. C’est usant et décourageant. Tout n’est pas un problème de moyens, mais quand même ! Quand est-ce que l’on prendra au sérieux nos malades ? Quand est-ce que l’on nous écoutera ?»

Primaire des écologistes, pour moi ce sera Yannick Jadot au second tour

J’ai voté Delphine Batho au premier tour, je voterai Yannick Jadot au second.

J’ai bien aimé le positionnement de Delphine Batho, centré sur les fondamentaux de l’écologie. Je suis en total accord avec elle sur la nécessité de la décroissance et je suis content qu’elle ait fait un bon score à cette primaire.

Sur le plan social, je me sens plus proche d’Eric Piolle, mais je trouve que sa position perçue comme très à gauche ne pouvait que le mettre en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon s’il avait gagné la primaire. Face à JLM sur le même créneau, il ne fait pas le poids.

Je découvre Sandrine Rousseau, partie il y a quelques années d’EELV, revenue récemment. Son engagement envers le sociétal, notamment l’écoféminisme, ne me parle pas. Je ne dis pas qu’elle a tort, je dis simplement que je ne partage pas spontanément sa vision politique, comme la « déconstruction masculine » ou comme « Il y a un système de prédation qui s’applique autant sur les personnes dominées – femmes, minorités – que sur la nature ». Ces prédations, dominations et discriminations sont réelles et à combattre, mais pas dans un même concept. Je suis certain, l’avenir dira peut-être si je me trompe, qu’elle aurait fait un très mauvais score à la présidentielle.

Yannick Jadot parait solide, tourné vers l’international, élu ancré dans le combat contre les lobbys européens productivistes, constant dans son engagement écologiste, en dehors des partis d’abord, à EELV maintenant. Je ne trouve rien dans ses écrits, dans ses discours ou dans ses actes qui confirmerait ce que lui reprochent des militants très à gauche, LFI ou pas, d’être favorable au libéralisme. Il est sans doute plus au centre que Piolle ou Rousseau, tant mieux. C’est là qu’on peut faire un bon score.

Pour le second tour, pour moi ce sera Yannick Jadot.